Myriam, aujourd’hui tu vis à Atlanta, quels ont été tes pas jusqu’ici ?
Je suis originaire de Carcassonne. En deuxième partie de ma carrière, je me suis orientée vers le corps diplomatique. Au fil de mon parcours professionnel, j’ai été en poste en Guyane, au Cameroun et à deux reprises aux États-Unis, à Norfolk puis à Atlanta depuis 2022.
As-tu toujours écrit ?
Oui, tout a commencé avec la découverte de la lecture depuis ma plus tendre enfance. Vers l’âge de mes dix ans j’ai commencé à écrire de la poésie. L’écriture fait partie de mon quotidien, comme une habitude essentielle.
Et c’est donc récemment, en 2022 que tu as fait publier ton premier roman « Sur le Fil » ?
Comme beaucoup d’auteurs, être publiée était un rêve que je nourrissais depuis longtemps, toujours relégué dans la catégorie « un jour, peut-être ». Puis, en 2020, la maladie a bouleversé mon parcours et m’a donné l’impulsion nécessaire pour me lancer.
Au lieu de te laisser abattre, tu as trouvé la force de réaliser ce rêve ?
En réalité, les insomnies ont été le point de départ. Pendant ces nuits sans sommeil, j’ai commencé à écrire mes idées sur mon portable. Progressivement, cela s’est transformé en un roman policier, Sur le Fil. Le titre s’est imposé naturellement, en lien avec l’épreuve que je traversais et avec l’exploit sportif hors du commun de mon arrière-arrière-grand-père.
Incroyable ! Qui était cet ancêtre ?
Charles Blondin était son nom de scène ; son véritable nom était Jean-François Gravelet. Funambule professionnel, il est notamment connu pour avoir réalisé la première traversée des chutes du Niagara sur un fil de 330 mètres en 1859. Dans ma famille, il est une véritable légende : ses exploits et ses péripéties font partie des histoires que l’on me raconte depuis l’enfance. Il est d’ailleurs mentionné dans des ouvrages de Jules Verne et d’Arthur Conan Doyle, une statue lui est dédiée à Hesdin et un parc en Angleterre porte son nom. Lors de mon premier séjour aux États-Unis, entre 2010 et 2013, je suis naturellement allée voir les chutes du Niagara, sur les traces de mon ancêtre. Je pense que les premiers mots de mon roman sont nés à ce moment-là. Il m’a fallu une dizaine d’années avant d’écrire les suivants, mais une fois lancée, je n’ai mis que sept mois à le terminer.
Que raconte ton roman ?
C’est une fiction policière qui se passe entre les Etats-Unis et le Canada, dont l’héroïne se retrouve plongée dans une situation complexe, comme en équilibre sur un fil…
Et puis le mois dernier tu as publié en autoédition cette fois « Je t’écris encore », un recueil de 30 lettres à ta maman décédée en avril 2025
Oui. Sa disparition a été une épreuve très difficile pour moi ; nous avions une relation très fusionnelle et continuer à lui écrire est devenu une façon de prolonger ce lien, de lui dire encore ce que je ressens et ce que je vis.
Je ne fais pas que lui écrire : j’enregistre aussi une série de podcasts courts autour de différents thèmes. Certains préfèrent écouter, d’autres lire, et beaucoup apprécient les deux formats, qui se répondent et se complètent.
Ce qui me touche le plus aujourd’hui, ce sont les retours des lecteurs et des auditeurs. Ils me disent souvent que mes mots font écho à leur propre vécu et les accompagnent dans leur deuil. Et finalement, c’est ce qui me fait avancer : l’idée de pouvoir aider d’autres personnes à traverser des moments difficiles. Ce chemin m’a aussi permis de mieux me comprendre, et j’ai envie de continuer à l’explorer.
Je voudrais te poser une question purement technique : ton premier roman a été publié par un éditeur, tandis que ton deuxième est en autoédition ; pourquoi ce changement ?
Disons, que j’ai fait confiance et que j’ai été déçue par une personne qui n’a pas respecté les termes du contrat. Chat échaudé craignant l’eau froide, j’ai préféré tout faire moi-même, quitte à apprendre sur le tas. Avec le recul, cet investissement est un vrai atout pour la suite, car il me permettra d’aller plus vite sur mes prochains livres. Je ne suis plus dépendante des agendas des uns et des autres. Je travaille à mon rythme.
Ah ! Tu planches déjà sur les prochains ?
Ah, c’est drôle que tu me parles de « plancher », parce que justement j’ai déjà écrit une bande dessinée pour enfants. Elle raconte l’histoire d’une petite fille qui, chaque nuit, rêve de Blondin, qui lui transmet des leçons de courage. J’espère la publier prochainement.
Pour la suite, j’ai aussi plusieurs projets en cours, avec plein de livres déjà en brouillon, notamment autour du développement personnel et de la gestion des émotions.
Est-ce que tu vas continuer aussi le format podcast ?
Oui, complètement. J’ai aussi envie de donner une autre vie à mes textes en les transformant en musique, pour toucher les gens d’une façon différente. Créer, partager, aider, tout cela me fait me sentir vivante et alignée. Et je crois profondément que même des expériences difficiles peuvent devenir une source de positif. C’est ma leçon de vie.
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