Quand es-tu arrivé aux USA et pourquoi ?
Je suis parti aux États-Unis à 19 ans pour me former au métier d’acteur à New York, après avoir étudié au Cours Florent à Paris. Inspiré par des figures comme Robert De Niro et Paul Newman, j’ai intégré le Stella Adler Studio of Acting, puis le Lee Strasberg Theatre and Film Institute. Aujourd’hui, je vis à Los Angeles avec ma femme.
Depuis quand sais-tu que tu voulais être acteur ?
J’ai su que je voulais être acteur dès l’âge de dix ans, c’était une évidence. Depuis tout petit, les soirées films en famille étaient un rituel : j’étais fasciné par cette atmosphère, les émotions partagées, cette manière de rêver tous ensemble. J’adorais également aller dans les salles de cinéma, avec leur ambiance singulière.
Où as-tu appris à parler anglais ?
Comme tout le monde, j’ai appris l’anglais au collège et au lycée, mais j’ai toujours été sensible aux sonorités de la langue. Pourtant, une fois plongé dans la vie new-yorkaise, j’ai vite réalisé que mon niveau et ma prise de parole restaient limités… Au point que je n’arrivais même pas à me faire comprendre en demandant mon chemin jusqu’au premier McDonald’s ! J’ai donc travaillé avec de nombreux coachs pour améliorer mon accent américain, chacun m’apportant des clés précieuses et complémentaires.
Aujourd’hui, mon accent a totalement disparu, au point que personne ne devine que je suis français. Une anecdote amusante : pour l’un de mes premiers rôles anglophones, la production pensait que j’étais américain et avait même engagé un comédien pour me doubler… en français !
Quel est l’acteur ou l’actrice avec qui tu as préféré jouer ?
J’ai adoré jouer avec Susan Sarandon. Je l’ai rencontrée sur le tournage de Viper Club, un film indépendant et engagé sur la prise d’otage d’un journaliste de guerre. Nous avons tourné dans le Nord de New York, et Susan Sarandon s’est montrée incroyablement accueillante et généreuse. Nous nous sommes très bien entendus, et cette alchimie s’est ressentie aussi bien devant la caméra que pendant les “breaks”. Lui donner la réplique a été un moment clé de ma carrière d’acteur.
Comment est née ton idée de The Accent Method ?
On m’a toujours fait remarquer que j’avais un talent pour les accents, une aptitude qui me différencie de nombreux acteurs. Je suis également à l’écoute et pédagogue, donc coacher des gens m’a semblé être une évidence. Après avoir aidé quelques amis, j’ai décidé de me lancer pour mettre à profit ces compétences.
Mais il était impératif pour moi de me démarquer des autres coachs d’accents. À New York, j’ai adoré me former sur ce sujet, mais les méthodes que j’ai rencontrées étaient souvent trop compliquées, pensées pour maximiser le nombre de séances. A l’inverse, je voulais offrir des outils simples et efficaces, permettant à chacun de s’améliorer au quotidien. Ainsi est né The Accent Method, et trois ans plus tard, les résultats sont indéniables : presque tous mes clients me recommandent à leurs collègues et proches.
Quelle est la spécificité de ta méthode ?
The Accent Method se distingue par son efficacité. Il s’agit d’une formation pas à pas, avec des séances individuelles en visio. Et qui ne nécessite que 5 minutes d’entraînement par jour, de façon assidue, avec des audios spécialement conçus pour l’accompagnement. Lors de la première séance, je fais un bilan personnalisé de chaque client. Ensuite, j’adapte la formation sur mesure en fonction de son accent et de ses priorités, qu’elles soient personnelles ou professionnelles.
Nos séances permettent non seulement de travailler sur l’accent, mais aussi sur l’aisance orale en général : prise de parole en public, en visio, etc. Nous abordons également la relaxation, car beaucoup de gens ont des préjugés sur eux-mêmes — en particulier les Français, qui sont souvent à la recherche de l’excellence et ont peur du jugement. L’objectif est de briser ces blocages mentaux et de dépasser l’esprit analytique pour accéder à une partie du cerveau plus réceptive.
Je coache également des clients pour des besoins professionnels spécifiques : présentations en public, conférences sur Zoom, discours, podcasts… Je puise aussi dans mes expériences d’acteur pour les aider à perfectionner leur prise de parole dans ces contextes.
Qui sont les personnes qui font appel à toi ?
Ce sont des gens qui parlent déjà anglais, mais qui sont gênés par leur accent pour bien se faire comprendre. Ce sont des cadres d’entreprise, des dirigeants, des acteurs… Lorsque French Morning a publié un article sur The Accent Method, j’ai reçu des centaines de demandes de la part de la communauté française.
Ta méthode s’applique-t-elle à d’autres accents ?
Mon objectif est de faire acquérir l’accent américain, et ce, pas seulement aux Français. J’ai des clients venant d’Italie, de Chine, d’Espagne, etc. The Accent Method s’adapte à toutes les origines, en tenant compte des particularités et des défis propres à chaque nationalité. Cela dit, les Français restent mes clients majoritaires, en grande partie grâce à mon réseau professionnel, mais aussi parce qu’ils sont sensibles au fait que je sois moi-même français et que j’aie traversé les mêmes difficultés qu’eux.
Est-ce que dans tes rôles au cinéma on t’a demandé de parler avec l’accent français ?
Oui, j’ai souvent joué des rôles où il m’a fallu retrouver mon accent français, et savoir le doser habilement selon le personnage. C’est un exercice que j’apprécie particulièrement, car il est crucial de ne pas tomber dans l’exagération pour que l’accent reste naturel et authentique.
J’ai également fait de nombreuses voix off pour des marques, des publicités et des doublages. Mes clients sont souvent surpris en m’écoutant, car ils trouvent que ma voix change radicalement entre le Jérôme francophone et le Jérôme anglophone.
Ce phénomène est lié au centre de résonance, l’un des premiers éléments que j’enseigne avec The Accent Method. Chaque langue a son propre centre de résonance : pour le français il est à l’avant de la bouche, alors que pour l’anglais il est plus en arrière, au milieu de la bouche. En ajustant légèrement cette position, en reculant ce centre de résonance, la voix se place immédiatement de manière plus juste. Le résultat est immédiat, mes clients sont toujours surpris !
Y a-t-il des gens qui n’y arrivent pas du tout ?
Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré un client qui ne parvient pas à améliorer son accent. Certains d’entre eux arrivent avec des idées préconçues, pensant que leur accent français est trop ancré pour être amélioré. Mais du moment qu’on a deux oreilles et un peu de volonté, on peut s’améliorer ! Les résultats sont probants dès la troisième ou quatrième séance. En créant un environnement de confiance, bienveillant et sans jugement, mes clients se rendent vite compte que plus ils essaient, moins ils ont peur de se tromper.
Cependant, c’est un effort partagé. Je donne mon maximum à chaque séance pour aider mes clients, et leur implication est essentielle : les progrès sont bien plus rapides pour ceux qui pratiquent 5 minutes par jour. C’est comme avec un coach sportif : il faut garder le rythme entre les séances !
Quel est le mot anglais le plus difficile à prononcer pour les Français ?
Squirrel ! Et à l’inverse, pour les Américains c’est le mot chirurgien.
Personnellement tu préfères l’accent britannique ou américain ?
J’aime beaucoup ces deux accents. L’accent américain est plus uniformisé, donc plus facile à maîtriser. En revanche, à Londres, c’est un véritable kaléidoscope d’accents, qui change presque d’une rue à l’autre. C’est extrêmement varié. Selon la demande, je n’exclus pas de coacher l’accent britannique un jour.
Retrouvez mes coordonnées ici : https://lebottinmondial.com/entreptrises/the-accent-method/