Vous vivez au Mexique depuis 1994 : qu’est-ce qui vous a amené au Quintana Roo ?
C’est une histoire personnelle avant tout. Mon épouse est mexicaine, et en 1994, nous avons pris la décision de
nous installer ensemble à Cancún. Venant de deux pays différents, on cherchait un endroit où l’on pourrait se
développer tous les deux et le dynamisme du Quintana Roo à cette époque, son ouverture internationale et son
potentiel de croissance en faisaient un choix évident. C’était autant une histoire de couple qu’un pari sur une région.
Quel a été votre parcours professionnel ?
Pendant près de trente ans (depuis 1997), j’ai exercé comme consultant, spécialisé en management d’entreprise,
organisation administrative et systèmes de qualité type ISO 9001. J’ai accompagné aussi bien des structures privées
que des institutions publiques dans leur structuration et leur développement, ce mélange-là m’a donné une vision
assez complète de comment les choses fonctionnent vraiment ici, des deux côtés.
Qu’est-ce que ces expériences vous ont appris sur le fonctionnement du Quintana Roo ?
Que le Quintana Roo est une terre d’opportunités, mais qui exige un grand respect des réalités locales. Rien ne
fonctionne vraiment comme sur le papier : les délais annoncés ne sont jamais les délais réels, les pratiques changent
d’un bureau à l’autre. C’est une région où la flexibilité et la réactivité sont essentielles, tout comme la maîtrise
rigoureuse des cadres réglementaires ; et la seule façon d’apprendre ça, c’est de le vivre, encore et encore, jusqu’à
voir les mêmes schémas se répéter chez des interlocuteurs très différents.
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans la manière de faire des affaires au Mexique par rapport à la France ?
La place de la relation humaine. En France, on a tendance à faire confiance au cadre contractuel d’abord, le contrat
protège, donc on peut avancer. Ici, c’est l’inverse : la confiance se construit avant le contrat, pas après. Un accord
signé avec quelqu’un qu’on ne connaît pas encore vraiment a beaucoup moins de valeur qu’une relation de confiance
installée dans la durée. Ça change complètement la façon d’aborder un projet.
Qu’est-ce qui vous a donné l’impulsion pour créer French Connect QRoo ?
Avoir été, et être encore aujourd’hui, entrepreneur français au Mexique, avant d’avoir ce réseau et cette expérience.
J’ai connu les files d’attente interminables, les rendez-vous où le fonctionnaire ne se présentait pas, et même les
gens qui rôdaient autour des bureaux pour profiter de la détresse d’un étranger perdu. J’ai pris des décisions
importantes seul (bonnes et mauvaises), sans personne pour me dire « attention, ça ne marchera pas comme ça ici ».
Cette solitude-là, je l’ai vécue avant de la voir se répéter chez d’autres, une fois devenu Consul Honoraire.
À quel moment avez-vous pris conscience qu’il manquait un véritable accompagnement pour les francophones qui souhaitent s’installer ou investir au Quintana Roo ?
Ce n’est pas un moment précis, c’est une accumulation. J’ai vu des entrepreneurs et des investisseurs francophones,
pourtant motivés et sérieux, se heurter aux mêmes erreurs d’orientation, souvent sans diagnostic clair ni informations
vérifiées dès le départ ou des projets solides, abandonnés non pas parce que l’idée était mauvaise, mais parce que
personne n’était là pour les accompagner au bon moment. Et récemment, cette observation répétée m’a poussé à
agir plutôt qu’à continuer de la constater.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que font les Français ou francophones qui arrivent avec un projet ?
Importer directement un modèle économique européen sans l’adapter au marché local. Sous-estimer les démarches
légales et fiscales. Se fier à des intermédiaires informels sans vérifier leurs compétences. Et plus simplement :
avancer seul sur des décisions structurantes, par exemple choisir un local sur une seule visite, à un seul moment de
la semaine, sans avoir vu ce que ça donne en basse saison. Ce ne sont presque jamais de grandes erreurs de
jugement, ce sont des détails mal séquencés dès le départ.Interview Le Bottin Mondial, Questions & Réponses
Document confidentiel — Usage interne FCQ
On trouve beaucoup de conseils sur les réseaux sociaux, notamment dans les groupes Facebook. Pourquoi cela ne suffit-il pas lorsqu’on veut réellement s’installer, entreprendre ou investir ?
Parce que les forums et groupes partagent des expériences individuelles, souvent partielles ou obsolètes, ce qui a
marché pour quelqu’un il y a deux ans, dans sa situation précise, ne garantit rien pour un autre projet. L’implantation
d’une entreprise ou l’achat d’un bien requiert une expertise juridique, administrative et fiscale rigoureuse, pas des
opinions de seconde main. Et surtout, personne dans ces groupes n’est responsable du résultat.
Quelle est précisément la vocation de French Connect QRoo et en quoi votre approche est-elle différente de celle d’une agence ou d’un cabinet de conseil classique ?
FCQ reçoit, oriente et coordonne: les experts réalisent, chacun dans son domaine. Notre approche repose sur un
diagnostic méthodologique complet, hérité de mon parcours en organisation et en conformité (ISO 9001), on structure
une réponse sur mesure plutôt que de pousser une offre standard. Ce n’est pas une agence qui pousse son propre
catalogue de services, même si chacun de nous a ses spécialités, elles se mobilisent seulement selon ce dont le
projet a vraiment besoin. C’est un point d’entrée unique qui mobilise le bon réseau selon le projet, pour sécuriser
chaque étape.
Vous avez choisi de vous associer à Maxime Mathey et David Régnat. Pourquoi eux ?
Parce que c’est une vraie complémentarité, sans zone de friction entre nos domaines respectifs. C’est une alliance
de compétences complémentaires : la gestion stratégique, la connaissance fine du terrain et des réseaux locaux,
l’expertise financière. Mais au-delà de la complémentarité, ce qui compte le plus, c’est qu’on partage la même
exigence d’éthique et de transparence avec nos clients. Ce n’est pas quelque chose qui s’improvise, soit on a la
même exigence de travail, soit ça ne fonctionne pas.
À quel stade d’un projet peut-on faire appel à French Connect QRoo ? Est-ce dès la réflexion initiale ou faut-il déjà avoir un projet bien défini ?
Dès l’idée initiale, avant même d’avoir un projet défini. C’est même le moment où on est le plus utile : plus
l’accompagnement intervient tôt, plus on évite les erreurs coûteuses. Beaucoup de porteurs de projet arrivent avec
une idée générale, pas encore un plan précis, et notre rôle commence justement par les aider à cadrer ça avant de
s’engager.
Concrètement, comment accompagnez-vous un entrepreneur ou un investisseur : conseil, mise en relation, coordination, suivi ?
Par une analyse initiale des besoins, la définition d’une feuille de route personnalisée, la mise en relation avec des
professionnels agréés, et un suivi structuré à chaque étape qui continue au-delà de la première décision. Pas un
accompagnement qui s’arrête après la signature.
Vous présentez French Connect QRoo comme un « réseau de confiance » et un point de contact unique. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour un client ?
Que le client n’a jamais à se demander qui appeler pour quoi. Il a un seul interlocuteur, qui connaît l’ensemble de
son dossier, et qui mobilise en coulisses des experts locaux testés et vérifiés, avocats, comptables, notaires sous la
coordination d’un interlocuteur francophone unique et de confiance.
Dans quels secteurs trouve-t-on actuellement le plus d’entreprises françaises ou francophones dans la région ?
Très majoritairement l’hôtellerie, la restauration, le tourisme d’expérience, et de plus en plus les services aux
résidents étrangers et l’immobilier. Ce sont les secteurs où l’économie locale est la plus dynamique, et où l’expertise
française est déjà reconnue.
Le Quintana Roo connaît une forte croissance. Quels sont les grands développements qui vont transformer la région dans les prochaines années ?
Le Tren Maya, sans hésiter! Il transforme déjà des zones plus périphériques comme Bacalar, Chetumal ou Felipe
Carrillo Puerto, avec un terminal multimodal de fret attendu fin 2026, qui ouvre des perspectives logistiques et
commerciales, pas seulement touristiques. À ça s’ajoute le nouvel aéroport de Tulum, qui redessine complètement
la connectivité de la région et ouvre de nouveaux corridors économiques de Cancún jusqu’au sud de l’État.
Si un Français arrivait aujourd’hui avec un capital et l’envie d’entreprendre au Quintana Roo, quels seraient vos premiers conseils ?
Prendre le temps d’observer le marché et réaliser une étude de faisabilité rigoureuse avant tout engagement. Ne rien
signer avant d’avoir vu la réalité du terrain à différents moments, pas seulement pendant ses vacances, en haute
saison, un dimanche ensoleillé. Et surtout, ne signer aucun engagement financier avant d’avoir validé le cadre
juridique et fiscal du projet.
Quelles précautions faut-il prendre avant d’acheter un bien immobilier ou de créer une entreprise ?
Pour l’immobilier : vérifier scrupuleusement les titres de propriété et le statut légal de la terre, ejido ou propiedad
privada, ce n’est pas un détail administratif, c’est ce qui détermine si l’achat est sécurisé. Passer par un fideicomiso
quand c’est requis, avec un notaire de confiance. Pour la création d’entreprise : anticiper la structure fiscale dès le
départ, les permis municipaux et les normes environnementales, plutôt que de les découvrir en cours de route.
Parmi les difficultés administratives, fiscales, juridiques ou culturelles, lesquelles sont les plus souvent sous-estimées par les nouveaux arrivants ?
Les délais administratifs réels, presque toujours plus longs que ce qui est annoncé. La fiscalité binationale, que
beaucoup découvrent tard, une fois qu’ils doivent déjà composer avec deux systèmes fiscaux en parallèle. Et plus
spécifiquement pour une entreprise : le droit du travail mexicain et les coûts réels d’importation ou de mise en
conformité, souvent sous-évalués dans les budgets initiaux.
Existe-t-il une manière spécifiquement mexicaine de faire des affaires que les entrepreneurs français doivent apprendre à comprendre ?
Oui, et je dirais que ça tient en un mot : la patience. Les négociations ici avancent au rythme de la relation, pas au
rythme qu’on voudrait leur imposer. Un suivi constant, une courtoisie de tous les instants, avant même de parler des
termes précis d’un accord. Un entrepreneur français pressé, qui veut aller droit au but, part souvent avec un
désavantage qu’il ne perçoit même pas.
En tant que consul honoraire, quels conseils donneriez-vous à un Français qui vient simplement voyager au Quintana Roo pour la première fois ?
Profitez pleinement de la richesse naturelle et culturelle de la région, mais avec du respect pour les lois locales, pour
la faune et la flore, et pour les consignes de sécurité élémentaires. C’est une destination généreuse, à condition de
ne pas s’y comporter comme si les règles ne s’appliquaient pas.
Et à celui qui envisage de s’y installer définitivement ?
Préparez votre transition bien en amont : vérifiez votre statut migratoire, assurez-vous d’avoir une couverture santé
adaptée, et inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France. Ce sont des détails simples, mais ce sont
justement ceux qu’on néglige quand on est pris dans l’enthousiasme du départ.
Quels réflexes de prudence recommandez-vous aux voyageurs et aux nouveaux résidents ?
Conservez vos documents d’identité en lieu sûr, souscrivez une assurance voyage ou santé complète, respectez la
signalisation routière, et restez vigilant quant à vos affaires financières privées, ne partagez jamais d’informations
bancaires sensibles avec quelqu’un que vous ne connaissez pas.