Anne, comment es-tu arrivée aux USA ?
C’est mon mari, médecin réanimateur et anesthésiste à l’hopital Saint Louis, qui s’est vu offrir une opportunité à l’hopital de San Francisco. Nous sommes donc arrivés avec nos trois enfants il y a 7 ans .
Au départ je devait aussi exercer en tant que médecin, mais l’époque du COVID a rendu les processus d’obtention de visa par l’administration beaucoup plus stricts. Je me suis aussi rendu compte que les méthodes de travail de mes homologues américains différaient beaucoup de mon approche française. Aujourd’hui je pense que je suis beaucoup plus épanouie en accompagnant les familles avec les outils et les process que j’ai mis en place.
Quel constat as-tu fait pour décider d’offrir tes compétentes aux familles expatriées aux USA ?
S’expatrier, c’est souvent apprendre à naviguer dans de nouveaux repères. Et lorsque la santé de son enfant entre en jeu, cette adaptation peut devenir un véritable défi. Entre différences culturelles, système de soins inconnu et avalanche d’informations, de nombreux parents se retrouvent seuls face à des décisions complexes.
Peux-tu nous décrire la situation que rencontrent le plus souvent les parents expatriés que tu accompagnes ?
Très souvent, tout commence par un doute ou un diagnostic évoqué : TDAH, anxiété, trouble alimentaire, difficultés d’apprentissage… À partir de là, les parents entrent dans une phase de recherche intense. Ils lisent, comparent, essaient de comprendre.
Mais comme ils évoluent dans un système de soins qui n’est pas le leur, tout devient vite flou. Ils se demandent : Est-ce que c’est trop rapide ? Est-ce culturel ? Est-ce que je minimise ou au contraire, est-ce que je dramatise ?
Cette incertitude est amplifiée par la langue, les codes médicaux différents et le sentiment que chaque décision peut avoir un impact durable. Beaucoup se sentent seuls et démunis.
Qu’est-ce qui rend cette situation particulièrement difficile à l’étranger ?
Il y a une double complexité. D’un côté, il faut assimiler un diagnostic qui est souvent chargé émotionnellement. De l’autre, il faut comprendre un système de soins avec ses propres logiques, parfois très différentes de celles que l’on connaît en France.
Aux États-Unis par exemple, certaines démarches peuvent sembler plus rapides, plus directes. Pour des parents français, cela peut susciter du doute, voire de la méfiance.
Résultat : plus ils cherchent à bien faire, plus ils se retrouvent noyés dans des informations contradictoires, avec un sentiment d’urgence permanent.
À quel moment fais-tu la différence dans leur parcours ?
J’interviens précisément à ce moment de confusion. Mon rôle n’est pas de décider à leur place, mais de leur redonner de la clarté.
Je les aide à comprendre ce que signifie réellement le diagnostic, au-delà des termes médicaux. Nous décodons ensemble les différences culturelles entre les approches françaises et américaines, pour qu’ils puissent replacer les recommandations dans un contexte qui fait sens pour eux.
Ensuite, nous évaluons les options disponibles — thérapies, médication, aménagements scolaires — de manière posée, sans céder à la panique.
Concrètement, comment se déroule ton accompagnement ?
Nous travaillons de façon très pragmatique. L’objectif est de rendre les parents autonomes et confiants dans leurs décisions.
Cela passe notamment par :
• Une clarification du diagnostic et de ses implications réelles
• Une lecture des différences culturelles dans les approches proposées
• Une mise à plat des options possibles, avec leurs enjeux
• Une préparation des consultations pour qu’elles soient réellement utiles
• Une méthode pour naviguer dans le système de soins sans se sentir submergé
Chaque accompagnement est personnalisé, parce que chaque famille, chaque enfant et chaque contexte d’expatriation sont uniques.
Qu’est-ce qui change pour les familles après avoir travaillé avec toi ?
La situation ne devient pas miraculeusement simple, et le diagnostic ne disparaît pas. Mais quelque chose d’essentiel change : leur posture.
Ils comprennent mieux. Ils savent faire le tri entre les informations pertinentes et celles qui ne le sont pas. Ils arrivent en consultation préparés, avec des questions claires et une vision plus structurée.
Surtout, ils prennent des décisions alignées avec leurs valeurs — pas forcément parfaites, mais justes pour eux et pour leur enfant.
Quel est, selon toi, l’impact le plus important de cet accompagnement ?
Le fait de ne plus se sentir seul.
Quand on sort de cette spirale de doute et de recherche permanente, on récupère une énergie considérable. Une énergie qui peut enfin être redirigée vers l’essentiel : son enfant, sa famille, et soi-même.
Et c’est souvent là que les choses commencent réellement à s’apaiser.
N’hésitez pas à pendre un premier rendez-vous : https://lebottinmondial.com/entreprises/anne-bargiacchi-coaching-llc/